Long-Distance Mothering ou Ma Maternité Hors-Cadre

Dans le monde des humains, tel que certains de mes contemporains le conçoivent, je suis une mauvaise mère. Ceci étant dit nous pouvons parler de choses plus intéressantes, la vie réelle par exemple.

Le plus difficile dans la maternité est cette inquiétude interieure que l’on ne peut pas montrer

AUDREY HEPBURN

« Je suis fatiguée; je suis la pire des mères; j’en ai marre; je n’y arriverai jamais; si j’avais su; est ce qu’il évolue bien... », combien de fois nous sommes nous dit ces phrases plus que « je vais y arriver; c’est pour moi; je suis une bonne mère et j’assure« ? Etions-nous loin de nos enfants à ce moment là ou sous le même toit? La majorité était bel et bien présente physiquement mais cela n’empêchait les doutes sur tout les plans et le fait qu’en général nous avions des ainé.e.s qui venaient nous donner un ou deux conseils voire un coup de main, continuant par là même leur propre rôle de parents. La parentalité (la maternité pour ce qui me concerne) est donc l’apprentissage de toute une vie, l’apprentissage de la vie; la présence physique ou non n’y change pas grand chose (sauf le contact physique et la fatigue.. LOL).

Suis-je maman parceque je l’ai mi au monde et je l’aime plus que tout ou suis-je pour le moment mere et sa maman c’est une autre? La question se pose. On devrait avoir le courage de se poser les questions difficiles et par extension accepter les réponses que la vie nous donne. En tant que parent nous ne faisons que ca nous poser des questions. Les deux plus importantes pour moi apres la venue au monde de Mister-Man (nous l’appellerons comme ca en hommage à l’un de ses arrière-grand-pere) etaient: qu’est ce que je veux pour lui et qu’est ce que je veux pour moi. Parceque je suis partisante du « practice what you preach, or at least try » et que je me connaissais suffisamment au départ (les forces et faiblesses), je savais que je n’allais pas abandonner mes reves (ceux que j’ai bati pour moi, ceux que mes ainé.e.s ont bati à travers moi et ceux qu’un jour il osera faire parceque je lui ai montré que c’etait possible pour nous aussi). Je souhaitais qu’il (et ceux nés en meme temps que lui dans nos familles) nous voit comme des parents mais aussi comme des etres humains, la préservation de notre santé mentale était une priorité pour nous disposer à les accompagner au mieux. Ces enfants devaient nous voir rire et etre moins bien, dormir ou avoir des activités en dehors d’eux, mediter…etc, autant que de percevoir notre amour absolu pour eux. Avant sa venue le contexte social et académique me demandait d’oser l’ailleurs et rien n’avait changé de ce point de vu là, je partirai donc; la seule question était avec ou sans lui? La réponse était SANS.

Celà n’a pas été aussi aisé que lorsqu’on l’écrit noir sur blanc. Je résume ici 18mois de tergiversations, d’envie de laisser tomber mon projet, de pour et de contre; tout ceci pendant que mon corps se remettait d’une grossesse plus que difficile, que je menais de front ma carrière et mon apprentissage de la maternité. Le turning-point a été quand les prémices de sa personnalité/ses besoins ont commencés à se révéler et que j’ai eu toutes les informations sur ce que mon projet de formation me couterait tant financièrement que physiquement et moralement. Il fut évident dès lors qu’il valait mieux un environnement propice pour lui, surtout une mère plein temps un peu loin qu’une maman proche mais absente. Il était mieux à mon sens de ne pas promettre ce que je ne pouvais lui offrir à ce moment là en restant moi-meme mais plutot chercher comment le lui offrir autrement.

Ainsi commença ma vie de mère à distance. Le parcours n’a pas été aisé loin de la, les embuches ont été plus nombreuses que les lettres du mot. Le sentiment de culpabilité… On ne s’en départi jamais. Il reste chevillé au corps comme un poux sans remède efficace. Le Manque de son enfant est comme un gouffre au creux de son âme que le temps et la réalité qu’on donne le meilleur à son enfant comblent en partie. Le meilleur pour son enfant ce n’est pas forcément soi-même à toutes les étapes de sa vie. Le meilleur c’est de l’amour inconditionnel, la vérité sur son histoire et la notre (de mettre des mots sur le non-abandon pour lui comme pour nous-même parent), un cadre socio-familial stable, des figures paternel et maternel aimants et bienveillants, la possibilité de découvrir le monde et faire ses expériences et surtout la réponse à ses besoins spécifiques. La présence physique d’un ou des deux parents tant que cela n’est pas comblé ne sera pas forcément la panacée.

Une mère, c’est vaste comme le monde. Elle est l’univers de chaque enfant qu’elle a porté. Un univers unique qu’elle a inventé à chaque maternité.

Pierre Karch

Plus de 3ans et demi après l’avoir confié, je peux oser dire que nous avons trouvé un équilibre tout les deux, comme toutes les parties prenantes d’ailleurs; car il est évident que rien n’est possible sans aide à la parentalité. En terre africaine, il est dit que l’enfant c’est l’enfant du village, il faut toute une communauté pour en faire des Hommes. Le confiage a toujours existé (sous différentes formes selon les besoins) et existera toujours dans le fond. En réalité vous le mettez au monde mais il s’appartient d’abord à lui-même puis il appartient à une lignée dont vous n’êtes pas l’unique dépositaire et enfin à une époque qui n’est plus véritablement la votre et dans laquelle vous ne pouvez que l’accompagner. Il est un etre à part entiere, sa venue et sa survie ne dépendent au final que tres partiellement de nous. Notre role est surtout de leur faciliter la tache dans cette expérience qu’est la vie et leur donner le bouclier pour avancer protégés. Etre parent à distance tot dans la vie de son enfant et dans son apprentissage parental nous enseigne vite ces considérations dont d’autres ont conscience mais qu’ils ne mettront en pratique malgré eux que plus tard, peut-être à l’adolescence.

Du haut de ma petite expérience désormais équilibré et paisible, je dirai qu’il faut quelques pré-requis (et quelques astuces) pour que cette forme de confiage de plus ou moins courte durée marche au mieux:

  • Une réponse à la question: Pourquoi a t’on choisi d’être parent. (Je vous laisse avec cette réflexion très complexe et souvent déstabilisante; nous y reviendrons peut-être dans un autre article si vous le demandez en commentaires ici ou sur instagram)
  • Une bonne connaissance de soi-même : nos capacités et nos failles/limites, nos besoins réels ou à venir. Personnellement je sais que j’ai toujours aimé les enfants et leur bien être qu’ils soient miens ou pas est primordiale; mais je me sais aussi dans l’incapacité physique et mentale d’engager H24 une énergie positive envers eux ou envers qui que ce soit d’ailleurs, j’ai besoin de temps de retraite réguliers et parfois tout les jours. Avoir avoir de l’aide dans ses moments là pour moi allait de soi.
  • Faire le choix de sa philosophie de vie, la mienne « Practice what you preach or die trying ». Je lui montre l’être humain que je suis, que je grandis toujours. Qu’il peut se référer à moi mais que je cherche moi-aussi la voie. Que l’Amour n’est pas conditionné par le physique et ne meurt pas. Et surtout qu’il peut oser poursuivre ses rêves (en prenant ses responsabilités). Je l’aime à l’infini mais je ne suis pas sa seule source d’amour, il a été désiré et porté par toute une communauté.
  • Un dialogue permanent sur l’enfant avec les figures parentales de substitution et que celles-ci soient impliquées. Pas besoin que ce soit quotidien mais ca peut l’être si le besoin se fait sentir d’un coté ou de l’autre. Connaitre aussi les besoins des adultes impliqués, leurs rêves et aspirations permet d’anticiper sur un éventuel changement de situation pouvant nécessiter un ajustement dans le suivi de votre enfant ou encore une modification radicale de vos projets. La parentalité c’est la vie et dans la vie la seule chose constante c’est le changement, il faut être capable de toujours s’adapter. Vous êtes la personne qui trouve des solutions et non qui crée des problèmes.
  • Une confiance en soi, en son enfant et dans les figures parentales de substitution que l’on se choisi: je les appelle « Les Suppléants ». Quand le député n’est pas là (mission, autres fonctions, décès), les suppléants gèrent les affairent courantes en droite ligne de la politique établie en amont (avec parfois leur touche personnelle, c’est le prix à payer). C’est pareil. J’ai donc l’avantage d’avoir déjà choisi de facto mes co-parents sur presque chaque continent et d’avoir déjà vu certains à l’œuvre. Bien évidement il y’a toujours la principale figure maternante qui joue ce rôle et je l’en remercie. Ces personnes doivent être évidemment volontaires, matures et ouvertes (et vous aussi): pour vous aider à garder votre image de parent de l’enfant vivante, être à votre écoute mutuelle et accepter la place importante que cette personne prendra dans la vie de votre enfant et donc la votre. Autrement ca ne saurait marcher.
  • Une connaissance de son enfant et de ses besoins spécifiques et savoir qu’ils évoluent avec le temps (ai-je besoin d’expliquer?): pour des raisons que j’ai expliqué dans de précédents articles (lire le blog), le mien avait besoin de repères stables et rassurants, de la compagnie d’autres enfants de son âge pour le stimuler à dévoiler toutes ses capacités. Ce que je ne pouvais lui offrir, mais sa maman suppléante oui (qui pour la précision est aussi ma mère).
  • Avoir une vision claire de la raison/des raisons du confiage ponctuel: s’il s’agit d’un projet précis, il doit être défini et circonscrit, permettant ainsi de mieux se projeter dans sa parentalité et gérer les moments ou la séparation est plus difficile
  • Etre en capacité de pallier à son absence physique et créer une complicité avec son enfant (la technologie est venue nous sauver): la parole libre est de mise, être à l’écoute de son rythme et ce qu’il veut exprimer. S’assurer de mettre des mots clairs et simples sur votre histoire et ne jamais mentir. Avoir des rituels ensemble par exemple, soit lors des appels ou avec ses affaires.
  • Pouvoir créer des moments de rencontres physiques réguliers (dont la durée et le rythme dépendent du contexte de chacun): Dans son environnement comme dans le votre. Cela ancrera dans l’esprit du plus petit la réalité de ce dont vous lui parlez; les situations et les lieux seront réels pour lui car feront parti de ses souvenirs que l’on peut raviver à volonté. Vous entrez de manière concrète dans le quotidien de l’un et de l’autre et ce dont vous parlez est une réalité palpable pour lui. Désormais Mister-Man sait ce que je veux dire quand je dis « je vais prendre l’avion pour venir te voir et ca va prendre du temps » ou « je fais le Docteur, je viendrais quand j’aurais les vacances »; d’ailleurs il anticipe déjà « tu ne dors pas pourquoi? Tu fais le Docteur à l’hôpital? », « il faut porter ton masque après tu prends l’avion tu viens »… L’intégrer dans votre quotidien et vice-versa

Le rôle du parent est de soutenir son enfant dans les efforts qu’il fait pour trouver ses propres réponses

Adèle Faber

Nous créons notre « normalité » et notre bien-etre mutuel, nous avons une relation d’humain à humain qui permet aux besoins de chaqu’un d’etre un minimum assouvis. Ma responsabilité d’adulte est d’y veiller jusqu’à ce qu’il soit en mesure d’y participer. La distance et le confiage nous enseigne l’adaptabilite (avant, pendant et apres), l’acceptation de aide des autres (adultes et enfants) et leur role inevitable dans le devenir/apprentissage de notre enfant, le recul et le laché-prise, la capacité de choisir ses combats, la résilience…

Lui (là haut en blanc), ma mère et moi Dans mon univers

Cas pratique: j’ai preparé sa premiere rentrée au primaire à distance. Ma mere a fait les courses pour ses fournitures et me les a montré (depuis des années qu’elle fait ca je ne vais pas venir discuter son expertise sur la question, et ce n’est pas un cahier rouge plutot qu’un bleu qui changera sa vie). On a convenu ensemble qu’il lui fallait une tenue neuve (pour marquer le coup et parcequ’il pousse comme un champignon). Il a été rasé de pres et préparé depuis 2 semaines au fait que la rentrée scolaire arrive et qu’il fera sa rentrée avant son cousin sans que j’ai besoin de le faire (les suppléants plus valables que la titulaire). Mon role? L’appeller comme d’habitude, le laisser me raconter toutes ses nouveautés et péripéties, me dire qu’on doit le filmer pour m’envoyer (vous voyez il anticipe le fonctionnement déja tout seul). Mieux je lui rappelle qu’il est intelligent, beau, que sa tenue sera superbe, qu’il aura un.e nouveau maitre/maitresse et de nouveaux amis, que je suis fière de lui et que je viendrais bientot pour l’accompagner à l’ecole quelques jours. A la recommandation « soit sage », la réponse: « je suis sage depuis hein… » et il a fait le rituel d’aurevoir de sa propre initiative. Que demander de plus?

Pour le update: La rentrée scolaire c’était aujourd’hui, après 6mois de COVID19. La journée s’est bien passée, il est 20h et il mange une pizza fait maison.

La parentalité arrive dans nos vies comme un tsunami, à nous de diriger son énergie pour qu’elle nous construise au lieu de nous détruire. Il y’a pas de parentalité normale, il y’a que la parentalité que nous nous construisons.

LE ROSEAU

« Comme le roseau je plie, mais ne rompt pas »

Plus de vingt ans que ce mantra est une de mes boussoles. Tout s’acquière par l’éffort personnel, le sacrifice et le dépassement de soi… Tel est mon chemin et mon expérience de la vie depuis longtemps; encouragée par une éducation ou la spiritualité, l’humilité et le travail étaient des valeurs cardinales. Vous comprendrez plus tard pourquoi ce mantra est la clé de voûte de ce moment de partage avec vous.

Chadwick Boseman… que dire de cet homme que l’on ne sache déjà?

Je pourrai vous dire que ce qui lui est arrivé me rappelle le cancer de mon père (dans 3 jours cela fera 3 ans qu’il a quitté le monde tel que vous le connaissez) ou encore évoquer celui de ma marraine partie il y’a 5 ans… Vous dire les êtres profonds qu’ils étaient chacun à sa manière; combien leur intelligence naturelle, leur sens de la famille, leur envie de voir la réussite de tous, leur passion pour l’Afrique, leur générosité et leur simplicité ont marqué leur génération. Sachant que je ne souhaitais pas conduire (pour des raisons que vous comprendrez dans un prochain article quand j’aurais la force de l’écrire) mon père par exemple est resté dans son rôle de protecteur et, refusant toute aide externe non absolument nécessaire, conduisait alors que c’est pourtant moi qui l’emmenait lui à l’hôpital. Je pourrai évoquer le fait qu’ils ont continué à travailler, à conseiller, à orienter, à donner d’eux jusqu’au bout. Vous dire qu’ils sont restés dignes et sont partis entourés de leurs proches dans une intimité et un amour qui a facilité leur transition vers l’autre monde. Je pourrai vous dire que tout porte à croire que Mr Boseman a eu la grâce de connaitre cela et que c’est un cadeau précieux de l’univers pour certaines âmes. Cela sera t’il suffisant pour que chaqu’un comprenne la dimension de ce qui s’est passé vendredi 28 Août? Les échos divers que cela a pu susciter en chacun?

Les réseaux sociaux nous donnent l’illusion accentuée que l’image et la visibilité rendent d’autres plus importants; on mesure sa propre importance, son amour de soi aux nombres de like et d’abonnés. On dénigre facilement dans la vie, plus encore facilement par écrans interposés; se gargarisant d’une pseudo-importance lorsque ça fait boule de neige… Après tout ça aussi c’est des like et partages. Lorsque quelqu’un, qui a accès à toutes ces plateformes et d’une notoriété mondiale, fait ce que font les êtres doués de sagesse et de lumière depuis la nuit des temps (cheminer et s’élever dans la vraie vie, en toute discrétion en impactant avant tout son entourage proche) le monde de l’image et du buzz éphémère semble surpris. Il ne nous avait pas dit; On ne savait pas. Mais avons nous besoin de tout savoir? Avons nous besoin de tout voir et montrer tout pour faire preuve d’humaine empathie?

On ne connait ni les combats ni les peines des autres; leur chemin de vie nous est mystérieux et lorsque dévoilé, il ne l’est que très partiellement. Je suis de ceux qui ne pose que peu de questions et avec l’expérience de la vie j’en pose de moins en moins. Ce qui doit être dit d’important le sera, il suffit d’être présent et bienveillant. Peut être parce que j’ai la chance et le malheur d’être une empathe (Google est votre ami); peut être est ce mon intelligence émotionnelle poussée qui me guide bien souvent. Mais les coups de la vie et mon cheminement spirituel m’enseignent l’art du détachement, de la contemplation, celle de l’observation bienveillante et développent bien malgré moi ma capacité à percevoir ce que l’œil ne voit. C’est plus simple que ce qui est écrit et en même temps plus difficile à porter au quotidien de percevoir les malheurs du monde, les faux-semblants des humains.

Le décès de Boseman c’était tout cela pour moi et plus encore

« La Vie Est Un Art »

La vie est comme une route… avec ses accrocs, virages et dos d’anes; imprévus et bien entendu accidents. Le but n’est pas la destination, car celle-là est de l’ordre du mystère divin et souvent nécessite plus d’un voyage. Le but c’est cette somme d’erreurs, cet éveil plus ou moins rapide à sa nature et sa mission, en sa capacité ou non de l’embrasser voire de la sublimer.

Bien que décedés aux yeux des hommes; ils ne sont pas partis, ils sont juste de l’autre coté du voile.

In the cycle of spiritual life, in our ancestral beliefs… Death is not the End. That does not make the transition less painfull for those leaving or those remaining… but everything has a price, Growth too. Alors chacun devrait choisir comment vivre, mieux, comment impacter et entrer dans l’éternité… En n’oubliant pas qu’il suffit d’impacter un seul autre être pour ce faire, pas forcément une multitude à la mémoire courte

Faites preuve d’empathie. Cherchez votre paix interieure, sans défi ni bravade. Poursuivez vos reves et missions si vous avez réussi à les déceler. N’exploitez ni les autres êtres vivants (hommes y compri), ni la terre mère. Vous êtes tous des héros, alors pliez sous le vent comme le roseau, mais ne rompez pas.

You are the hero you make.

Des films à voir les amis: 42 (The true story of an american legend). GET ON UP (The James Brown Story). BLACK PANTHER. 21 BRIDGES. MARSHALL. MESSAGE FROM THE KING. DA 5 BLOODS. THE KILL HOLE. THE EXPRESS (the Ernie Davis Story)

Rest in Power

IT’S OKAY To Not Be Ok

Cet article devait être écrit et publié il y’a une semaine; comme vous le savez si vous me lisez déjà (en dehors des articles de recherches scientifiques) j’écris et publie en instantané; donc rien jusqu’à ce moment précis. Ce dimanche là, jour consacré désormais à nos rendez-vous sur cette plateforme, j’étais épuisée de 24 heures de garde. N’écoutant que ma nouvelle volonté j’ai néanmoins voulu m’y mettre mais mon ordinateur a « planté » littéralement. En accord avec ma philosophie actuelle, j’ai laissé courir la situation de blocage, fermé le PC récalcitrant et me suis octroyé deux heures d’isolement en terrasse. Le vent frais (salutaire dans la fournaise qui sévit dans les pays au niveau l’équateur en cette période de l’année) et le silence relatif (avec les bruits de la ville qui s’endort progressivement en contre bas) étaient de parfais relaxants.

Un jour plus tard Facebook (que j’abandonne pourtant ces derniers mois) a été le concentré de nombreux moments de rappels et d’introspection. C’était d’abord de nombreux compliments lors de la mise en lumière, par un groupe sud-africain axé sur la valorisation des femmes noires photographes, de mon profil et quelques unes de mes photo. Je juge pourtant durement mes oeuvres et mon niveau amateur est à améliorer si je souhaite explorer cette passion jusqu’au bout. Des mots d’appréciations surprenants donc pour moi (mais je ne sais pas accepter le compliment de toute façon mérité ou non). Ce même réseau m’a permis de voir une publication d’une talentueuse artiste A.M qui exprime de plus en plus sa spiritualité, il s’agissait en fait d’une « LETTRE AUX EMPATHES » qui me rappelais des choses sur lesquelles je m’appesantis déjà et sonnait comme une urgence. Quelques extraits: « vous devez apprendre à vous protéger de cette sensibilité incroyable qui fait de vous des êtres capables de ressentir les émotions des autres.. vous êtes des éponges et souvent vos crises ne sont pas les votre mais la résultante des énergies que vous absorbez dans les milieux que vous fréquentez… Évitez les foules et les bruits.. Sachez être empathiques envers vous-même… vous êtes des guérisseurs de l’humanité en manque de repères.. Préservez vos énergies ». Oui je suis de ceux là: hypersensible et hyperactive mentalement; c’est aussi enrichissant qu’éprouvant.

Il m’a aussi rappellé (Tonton Zuck) une conversation en prose que j’avais eu avec mon collegue Dr P. un féru de slam entre-autres talents et je lui répondais ce même jour en 2017:

La vie, cette roue
Douceureuse amie
Pleine de tabous
Elle tourne à l'infini
Parfois avec nous
Souvent malgré nous

j'ai souvent revé 
de fuir ma destinée
barricadée
embrigadée
enchevestrée
encastrée
Dans ce kaléidoscope
Digne de cette époque 
Où etre 
Et paraitre
se confondent
Nous déforment
Illusion de liberté
Illusion de Satiété

Alors parler, parler..
pour ne pas étouffer
Dans cette vaine quete
Qui nous prend la tete

lire, écrire, encore écrire
Pour se dire
A fin d'etre, se montrer
Enfin... Exister!

Et pourtant à ce moment là l’événement qui déclenchera ma décision de prendre une année sabbatique n’était pas encore arrivé (bien que présenti) et n’arrivera qu’un mois plus tard, il y’a bientôt trois ans déjà: La transition de mon père vers un autre monde.

Il s’avère que cette même semaine je suis à l’isolement pour cause de Covid19, ce qui vous conforte du fait que nous sommes dans l’instant, que la vie continue son cours et de donner ses leçons. Il faut s’apaiser soi-même, lutter contre ses propres épisodes dépressifs et ses périodes de mieux être, se soigner physiquement et mentalement.

Là au moment de vous écrire, je tombe sur le titre de cette série coréenne, que je ne regarderais probablement pas: « It’s okay to not be okay » (Netflix est votre ami), et change ce que je devais vous écrire du tout au tout.

L’article devait s’appeler « année sabbatique » …au lieu d’une année nous en sommes symboliquement à trois. Je voulais vous y parler des leçons que j’ai intégré pendant ce temps.. Non pas apprise car j’ai eu la grâce d’être exposée à toutes ces leçons très tôt et avoir été éduqué dans une spiritualité et une oralité qui me donnait les armes et les leviers de la vie. Mais la vie elle-même nous apprend que quoi que l’on sache d’avance, l’expérimentation vaut mieux que le confort de la théorie. Il n’est pas mieux aguerri que le guerrier qui est allé sur le champs de bataille, chaque cicatrice lui rappelle le chemin et fait échos aux leçons que son maître lui inculquait et qu’enfin il comprend de manière holistique et non pas seulement intellectuelle. Fatou Diome le dit si bien « L’épreuve de la maternité résorbe l’écart entre les générations de femmes; et ce n’est qu’après avoir franchi le cap que les filles respectent vraiment leur mère »…

C’est de l’ordre de l’initiation.

Alors je reviendrais surement sur ces années… Sur mon retour au naturel… sur ces épreuves qui me faisaient intégrer les leçons de vie que mon père s’évertuait à m’enseigner et dont le départ a déclenché cette phase de ma vie… sur ce que j’ai de moi-même compris et assimilé à ma manière. Mais cet article; changé à la dernière minute sans perdre le sens prévu, écrit après le timing voulu et parfois pleins d’échos du passé; est est l’exemple type et déjà la 1ere leçon magistrale: la vie peut sembler décousue, imprévisible, allant du coq à l’âne, imparfaite et injuste; nous y naviguons entre passé et avenir dans une sarabande infernale; mais ce n’est qu’en la vivant, en lâchant-prise sur notre illusion de contrôle, en étant dans le présent avec tout les échos de ce qui a été et aurait pu être, que nous en tirons toute la sagesse.

It is not about the story-telling and marketing, it is about living first for your life to be a story to tell and learn from. On ne donne au monde que ce pourquoi on est là et ce que l’on a véritablement. Alors parfois il faut se taire (de gré ou par la force de la vie) pour vivre avant de donner; une introspection de trois ans, un désert semé d’oasis, n’est que peu de chose finalement. Le Chemin est le but, ne l’oublions pas.

Tout mes voeux de paix profonde à tous

My Fibroid Journey

Le titre est en anglais, le texte en français… Toute la dualité de l’éducation reçue pendant de longues années tant au niveau familial qu’académique. Certains concepts me viennent en anglais aisément et pour leur déroulé plus étendu la langue de Molière prend souvent le pas sur celle de Shakespeare. D’entrée de jeu, pour ceux qui me lisent pour la première fois, surtout sur un sujet personnel: il y’aura des coquilles dans le texte (pour des raisons que j’expliquerai un autre jour peut-être; je corrigerai plus tard rassurez-vous); c’est surtout parce-que j’écris toujours en un jet de quelques minutes ce que j’ai longtemps ruminé. Les sujets de ce type bien qu’ils soient d’utilité publique, pour moi, ne doivent pas toujours faire l’objet d’une leçon, vous n’aurez donc pas un exposé ( nous avons les écoles, les livres et google pour çà; de plus je suis disposée à poursuivre la discussion et apporter un éclairage technique et médical dans vos commentaires ou sur mon instagram mamzell_jd), nous allons nous concentrer sur autre chose. Tout ceci étant posé, revenons à nos fibromes… hé oui nous parlons du vécu; de la vie des femmes noires avec les fibromes utérins…pas de moutons…

Vos épreuves peuvent être vos fleurs de bonheur prêtes à éclore. JD

Du plus loin que je m’en souvienne de conscience d’adolescente j’ai toujours voulu, au cas ou je vivrai en couple, d’une suite parentale avec des chambres séparées ouvertes et communiquant au travers d’un bureau cosy et d’un dressing. Mon père étant dessinateur en bâtiments, les plans à l’encre-coupes-perspectives faisaient autant parti de moi que l’air que j’inspirais, alors je visualisais très bien ma maison idéale… je la visualise toujours bien d’ailleurs. C’était surement du à ma tendance naturelle à abhorrer le contact physique intempestif, à avoir besoin de mon espace vital, à avoir mon rythme (parfois inversé; qui ne s’est arrangé ni avec l’age ni avec l’exercice du métier), à un esprit vif mais aussi l’hyperactivité mentale qui va avec… certains pensent d’ailleurs avec du recul que je présente une forme de trouble du spectre autistique (si vous voulez comprendre pourquoi: je vous renvois à mon ancien article Parent D’enfant Spécial ou une Vie en Arc-en-ciel publiée en 2018 sur la magnifique plateforme collaborative LES MATERS). Alors oui je voulais (veux) des chambres séparées, mais ce n’est qu’avec l’age adulte et l’apprentissage du monde, que j’ai compris qu’il y’avait aussi d’autres raisons plus profondes dont une: je ne souhaitais en aucune façon partager mes scènes de meurtres mensuels avec qui que ce soit; c’était déjà assez pénible pour moi toute seule.

Je fais donc parti des 90% de femmes noires qui pendant leur vie (période de « fertilité ») présenteront cette tumeur: le fibrome. Mieux, je fais parti de celles qui ont des antécédents de ce type de tumeurs dans leur famille et de surcroît de celles qui ont eu leurs menstrues (règles; ménarches, menstruations, periods) assez tôt avant 12 ans allongeant ainsi leur période de fertilité et donc d’imprégnation hormonale… augmentant par là les risques de développer une ou plusieurs de ces tumeurs, et qu’elles soient symptomatiques (méchantes). J’avais promi plus haut de ne pas être trop technique, mais il fallait planter le décors de la gravité, des facteurs de risques et de ce que ces connaissances auraient peut-etre permi d’anticiper, d’éduquer, rassurer l’enfant que j’étais.

Mais personne ne savait; les parents étaient jeunes, faisaient au mieux pour nous offrir une éducation correcte et riche; les aînées/tantes avaient pour certaines toujours eu des menstrues abondantes et plus tard des opérations, alors initialement la question ne se posait pas vraiment. J’ai donc grandi dans une douleur menstruelle mensuelle permanente pendant des années. Etant éduquée pour « overcome » et ne voulant être addict à aucune substance, je ne prenais presque jamais d’antalgiques. Mon adolescence était donc entre douleurs et gêne; nuages de sang débordant quoi que je fasse. Une Deux Trois Serviettes (quel mot rébarbatif) en même temps? rien n’y faisait. Etait-ce la qualité des serviettes ou moi qui n’y comprenais rien à leur utilisation (moi ne pas comprendre quelque chose de technique ou ne rien faire pour remédier à cela, c’est mal me connaitre). La société, les amis aussi ignorants qu’imberbes te renvoyaient tous à ta responsabilité. Fallait avoir honte et se cacher (comme ces femmes dans certaines communautés africaines envoyées en exil dans la foret pendant cette période). Alors, tu cherches toujours comment t’habiller d’une tenue adaptée, pour prévoir les accidents inévitables; ou tu ne sors pas du tout (toute façon çà fait trop mal pour marcher). Avec le temps tu es de plus en plus fatiguée (anémie) mais tu t’adaptes: aux périodes de saignements de plus en plus longues; aux douleurs de moins en moins tolérables. Et les scènes de meurtres… parlons-en de ses nuits à dormir d’un œil ou pas du tout car en sus de la douleur tu guettes l’instant fatidique ou la marée rouge va inonder ta belle literie; alors tu cherches la position la moins risquée; tu cèdes à la moindre envie de miction (que d’aller-retour aux toilettes!); et dès que tu as le malheur de t’assoupir, le réveil humide, plus rouge que les tenues des khmers du même nom, te rappelle à l’ordre. L’adolescence devient donc un parcours du combattant; pendant que d’autres ont peur du sang, tu te dois d’apprendre toutes les façons humainement possible pour le toucher, l’apprivoiser, le nettoyer. N’effaçant pourtant ni les questions, ni les frustrations; créant l’isolement.

Je ne sais combien de bœufs j’ai ainsi égorgé pendant toutes ses années, mais je me suis vidée pour de vrai. Ton corps change avec le temps et les expériences, mais ton ventre reste l’épicentre méconnu de tes malheurs sociaux. Il aura fallu atteindre l’age canonique de 27 ans et déjà presque médecin, dans une localité moins médicalement nanti que les grandes villes du pays appelée Njombé, guidée par ma curiosité scientifique pour qu’une échographie de routine mette le doigt dessus: j’avais un myome/fibrome. Et c’était tout. Il a fallu se documenter seule; se poser les bonnes questions; prendre conseil chez des gynécologues… une chose était permanente: si ce n’est pas symptomatique (taille importante; saignements invalidants etc) on surveille. En clair si ce n’est pas « life-threatening » on ne fera rien; dans l’absolu personne ne souhaitera fragiliser votre utérus (en attente de procréation) alors que le risque de récidive est de toute facon élevé. Alors on fait avec, on oublie presque. Jusqu’au jour ou…

Jusqu’au jour ou on a plus le choix; qu’une grossesse douloureuse qui risque ne pas arriver à son terme malgré tout vos efforts (medicaments; examens, allitement; cerclage etc) vous rappelle l’enjeu. On découvre qu’en 2-3 ans il n’est plus seul, ils sont 3; et ils grossissent plus vite que votre fœtus. Et quand les éfforts combinés et la grâce du ciel permettent qu’ils arrêtent de grossir pour entrer en souffrance (necrobiose), vous découvrez qu’il existe d’autres paliers supérieurs de douleurs.

Je vous rassure (si vous avez lu l’article sur Les Maters, vous savez deja..) que mon fils est arrivé, au terme d’une longue bataille dont je ne maîtrise surement pas tout les tenants et aboutissants. L’espoir est donc permi. Mais faut-il absolument en passer par là? Aujourd’hui la bataille n’est pas encore gagnée; le mal prend du terrain, le terrain de la douleur et de l’épuisement et il va falloir l’éradiquer à sa base. Je reviendrais surement avec un autre petit texte pour vous faire part de la suite du voyage (insha’allah), car pour beaucoup c’est un voyage à vie, qui impacte la vie à tout point de vue: les relations sexuelles ne sont plus justes une affaire de plaisir mais aussi de douleurs; la maternité ne va plus de soit elle est réfléchie; les interventions chirurgicales, les hormones, les antalgiques sont vos compagnons de route parfois… Et cela ne vous préserve pas des autres problèmes gynécologiques possibles chez toutes femmes: Endométriose; SOPK-syndrome des ovaires polykystiques (certaines ont des combinaison de tout cela et plus encore).

C’est juillet, un mois de sensibilisation sur les fibromes utérins, un problème de santé publique dans la communauté noire. Est-ce parceque c’est la communauté noire que ce problème n’est pas au devant de la scène? A nous de porter la voix pour que le tabou se lève et les choses changent. Il est surtout question de prendre en main notre propre éducation sur le fonctionnement de notre corps et sur les options que notre environnement nous offre. Les professionnels font de leur mieux sur le plan technique, mais vous connaissez mieux votre corps et ses changements, prêtez lui attention. Beaucoup apportent aussi des connaissances sur l’aspect de l’approche alimentation, sophrologique et méthodes douces pour vivre mieux sa maladie; car déjà opérées (risque de récidive) ou non, être consciente d’être malade (ce n’est pas que des « règles douloureuses » les amis) c’est prendre conscience du changement de vie qui va avec.

En attendant l’amélioration de mon état de santé et vos questions médicales ou sociales; quelques comptes instagram de jeunes femmes noires (associations; porteuses de fibromes; soignantes de divers ordre) vous apportent du contenu utile sur la question :: Nana Konamah , v100fibromes , Andréa Bomo Les gynecologues sont vos partenaires; Google votre ami; Les Livres vos aides aux soins.

OUI, je souhaite toujours avoir des chambres séparées, moins parce que je ne vivrai pas avec quelqu’un qui m’accepte totalement (ce sera la base) mais plus parce qu’il faudra plus d’espace pour s’amuser de corps trop longtemps bridé par la douleur et libéré de celle-ci (vous pouvez rire.. vous avez bien compris ce que vous avez lu)

Prenez votre bien-etre en charge.

Défi N*4: Écrire une histoire à partir de la 1ere image de son fil d’actualité instagram

#defi30joursecriture

Maya Hope, LE CYCLE DU SOLEIL

Il m’arrivait souvent de regarder debout par la fenêtre ouverte le soleil se lever à l’aube, d’apprecier les diamants de la rosée et savourer le vent frais venu de la mer dont le ressac régulier se persevait plus qu’il ne s’entendait. Mais pas aujourd’hui, pas aujourd’hui non. J’étais attendue.. Il était temps.

****

La tasse tomba brutalement, dans un bruit aussi fracassant que la nouvelle qu’on venait de lui annoncer… Enfin! Tant d’années d’efforts, de travail, la violence des combats, les coups bas, les jalousies. Tout ces moments où elle s’est sentie seule, abandonnée de tous. Ces minutes de doutes se disant que sa voix bien solitaire ne porterait pas bien loin ce en quoi elle croyait profondément. Sa foi en la paix et la guérison souvent ébranlée. Il était enfin temps et cette nouvelle, pourtant espérée, faisait l’effet d’une bombe, un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle fonça dans le corridor à peine éclairé malgré le soleil au zénith et la sensation de fournaise depuis 3 jours, passa en furie devant la console préferée de grand-mère, abandonnant un invité ébahi sur le fauteuil en rotin chiné aux puces la semaine d’avant et qui aurait bien besoin de refection avant de supporter le poids d’un homme se rappella t’elle vaguement avant d’oublier la pensée aussi vite qu’elle etait venue.. Il y’avait plus important. De toute façon il comprendrai, il ne pouvait que saisir et même si ce n’était pas le cas.. Il y’avait plus important. Les escaliers s’effacèrent 4 marches à la fois tendit qu’elle volait vers le telephone, plongeant dessus fébrilement.

~~ Allô maman?! ça y est, ça y est enfin.. Et dans cette voix forte qui la caracterisait elle continua sans reprendre son souffle..

~~Il est en bas au salon avec la lettre officielle! Y’avait que maman qui pouvait comprendre, saisir la portée de ce qui venait de se passer.

~~Maman tu m’entends?! Un long silence lui répondit, si bien qu’elle eu l’impression à un moment que la ligne ne marchait pas.

~~Oui, je t’entends ma fille, je t’entends. Ajoutant de sa voix fluette, Qui ne t’entendrait pas avec cette voix de demenageur?! Tu veux réveiller les morts? On sentait le sourire sur ses lèvres. Elle n’en dira pas plus. Elle n’en disait jamais trop de toute façon, ni trop peu ni pas assez. Calmant ainsi en peu de temps l’excitation qui faisait surement crépiter l’air autour de sa fille.

~~ Maman… Il était temps.

****

Un sourire lent lui monta aux lèvres, pas simplement de joie, mais un sourire d’accomplissement profond. Oui, il y aura encore des combats. Il y aura des moments extrêmement difficiles, elle serait salie, sabotée, mise à mal, exposée, vilipendée, déchirée; les plus hardis tenterons de l’effacer de la surface de la terre (dans leurs rêves les plus fous); mais l’histoire retiendra ce jour. Pendant que les rayons doux du soleil couchant illuminent encore plus cette belle journée, ses pensées voguent vers ces moments où sa parole n’avait pas droit de cité, où les combats étaient sur tout les détails du quotidien, il fallait survivre envers et contre tout. Envers et contre tout ce qui voulait tuer l’espoir en elle, l’espoir pour sa fille et ensuite la fille de sa fille. Elle était le roseau, plier mais ne pas rompre. Et contre vents et marées elle a tenue et vue ce jour au-delà de toute espérance. Il fallait un jour comme celui-ci pour faire sortir cette jeune fille de son refuge au bord de la mer. Et maintenant qu’elle en était sortie pour un long moment, ils essaieront de la briser oui, mais ce n’était pas sa petite-fille pour rien. Elle leur sourira avec la sérénité de sa mère et les mettra à terre avec l’esprit combatif de sa révolutionnaire de grand-mère. Cette pensée éclaira son visage ridé d’un autre sourire édenté, tendit que le soleil se couchait enfin sur les hibiscus au fond du jardin. Faudrait penser à dire au nouveau jardinier en chef de Maya de tailler cette haie qui dépasse. Maya avait désormais une équipe de jardiniers, la pensée lui arracha un autre sourire amusé. Le vent froid se levait déjà trop vite en cette saison, faudrait peut-être rentrer avant de choper la crève sur ses vieux os, il était temps.

****

Du coin de l’oeil elle vit sa grand-mère rentrer par le coté de la demeure blanche à colonnades appuyée sur sa canne ébene ouvragrée, écartant les mains secourables de son majordome en maugréant comme d’habitude sur le nombre de batailles qu’elle a gagné qui dépassait de loin l’age du mal-avisé bougre, elle pouvait encore marcher pardi! Mère vint lui chuchoter à l’oreille:

~~Maya, je vais aider grand-mère Faith avant qu’elle ne se foule encore une cheville. Elle-même préférait l’appeler Hemley, et non pas la version anglicisée de ce nom si puissant. Mais elle hocha simplement la tête et regarda la frèle silhouette de Hope (qui contrastait tellement avec sa voix) s’en aller paisiblement vers la demeure. Quel autre nom pouvais t’on d’ailleurs donner à cette immensité architecturale se demanda t’elle in peto.

Photo issu de @girlbehindthehustle sur Instagram (tout un programme). Adrienne Banfield-Norris, Jada Pinckett-Smith, Willow Smith

Son attention fut détournée par son sécretaire particulier.

~~Ils sont là, Madame.

Elle posa son verre, eût une pensée furtive pour la mise en plie de ses braids-out, se redressa et avanca vers l’avenir. Mr R., Dr Ruben pour les intimes, vieux compagnon d’armes de Mère et accessoirement psychiatre, s’avancait vivement vers elle. Souriant, bras tendus.

~~Maya Hope! Et après un clin d’oeil plein de fierté.. Je te présente Son Excellence Mr Haïlé.

Sans lui laisser le temps de finir, le grand Monsieur élégant s’inclina:

~~Mme La Présidente Hope, Tout l’honneur est pour moi de vous rencontrer enfin. Il était temps.

Fin

Note Sur Le Défi N*4 : A la difficulté de l’inconnu avec une photo surprise s’ajoute celle d’un exercice que je n’affectionne pas particulièrement.. Roman. J’aime en lire ..mais alors oser écrire une nouvelle.. Sûrement une apprehension personnelle. L’exercice a l’avantage de nous obliger à oser.

La fatigue et le manque de temps aidant, j’ai fait au mieux et au plus vite. Avec la sensibilité qui est mienne.

PS: les nombreuses coquilles du texte seront corrigées quand j’aurais un peu de temps devant moi. Indulgence. Svp. 😎

#defi30joursecriture Défi N°3: Sablier 10 min d’écriture

L’Affaire Roman Polanski ou La Peur qui doit changer de camps.

« Je n’aurais jamais dû parler » Charlotte Lewis (cliquez sur son nom pour voir la vidéo YouTube)


Merci à mon amie Joëlle de m’avoir fait tomber sur cette vidéo, une vidéo de plus, une de trop. Je pourrais y adjoindre le brillant discours de L’humouriste Florence Foresti à la 45e Céremonie des Césars où le Mr a été récompensé, mais je me contenterais de l’essentiel. Nous n’avons que 10 petites minutes.

Il est hallucinant le nombre d’enfants (filles et garçons) ayant subit des attouchements depuis l’enfance. De manière banale avec leur égaux.. Mais pire avec des aînés de toutes confiance.
Nombre d’entre-nous en sommes victimes. Enfouis, plus ou moins oubliés, ces souvenirs reviennent parfois en flash colorés de scènes sans rapports les unes aux autres. Souvent la sensation de malaise. Souvent les combats d’aujourd’hui, mal-etre et dépression ont des sources profondes.


Le monde va mal.


D’aucuns disent qu’avant (l’époque bénie de nos ancêtres) c’était tout aussi tabou et on lecachait. Que non. Les honteux cachaient peut-etre, mais tout ce qui existait de mal ou de bien avait bel et bien 1 nom en langue ancestrale, et tout avait une punition et des cérémonies de purifications adaptées.. Comme quoi rien n’était impuni.

C’est l’humain qui dans la priorisation de ses vils interets a peur de la vérité et surtout de ses conséquences sur les acquis (très souvent matériels).

Si la parole était libérée, les enfants accompagnés, les victimes REELLES soutenues et les punitions humaines enclenchées à temps.. Hé bien.. On aurait pas besoin de s’inquiéter de ce que « ces génies » ont apporté au monde pour se dérober de rendre des comptes. Ils n’auraient simplement pas eu le temps de construire cette carrière (tchip!!)


Quand les benefices d’une vie usurpée servent désormais d’arguments pour la leur conserver.

On marche sur la tête.

Notes Perso sur le Défi: 10 minutes, c’est court.. Très court.
Ce fut plus ardu et bien plus jouissif que prévu , car comme on dit souvent ..il suffit de commencer et là ca devient difficile de s’arreter à temps. Lol
Le post facebook de mon amie m’a inspiré sur le moment et comme c’est un exercice qui m’est familier (réagir brièvement sur le vif) c’est tant mieux. Leçon du Jour: trouvez un sujet, un événement, un truc ordinaire qui vous parle et là mettre les mots est plus aisé. Attendez d’avoir à dire.

Défi 30 Jours Spécial Écriture…

10 mois de silence sur ce blog.

Et cela aurait pu continuer sans que je ne m’en plaigne, mais surement avec un petit pincement au cœur. On sait souvent où les années sabbatiques commencent mais on ne sait jamais quand elles se terminent, peut être jamais vraiment. Les expériences sur le chemin de la paix interieure nous changent irremédiablement.

Dans mes nouvelles aventures, mes nouvelles expériences, j’ai rencontré Madame Kea Ring, auteur, plus ou moins active sur Instagram. Elle évoque souvent très bien les problematiques liées à l’ecriture sur son blog et ses pages. La page blanche entre autre. A l’image des défis sportifs, elle a lancé un défi le 1er mars, un défi 30 jours d’écriture qu’elle vous expliquera mieux que moi sur MadameKearing.

Ceux qui me connaissent un peu IRL (in real life) savent qu’il ne faut pas prononcer le mot « défi ».. Mais dans la réalité je crois juste que j’attendais un petit déclic, un booster (Non, pas la bierre. Les camerounais comprennent à quoi je fais reference), car sur tout mes post sur les R.S. du moins pour ceux que j’utilise (insta, facebook, tweeter à l’occasion) le travail de texte demeure. J’ai toujours eu l’écrit spontané, en un jet sans relecture; le fait de continuer sous ces publications me garde ce lien avec les mots. Bien que je ne me sois jamais considerée auteur(e), il s’agit pour moi de reapprivoiser quelque chose que je faisais naturellement à l’adolescence remplissant des cahiers à en plus finir de poèmes, de revenir à quelque chose que j’aime malgré tout, et surtout de transcender mes difficultés habituelles en sortant des sentiers battus. Je ne respecterai pas toujours les défis quotidiens (que je prendrai la peine de découvrir au jour le jour): manque de temps (l’excuse fetiche), mon problème de procastination, diverses problématiques personnelles, pas de connection internet (n’oublions pas… Je suis toujours dans un pays du sud du sahara); mais je ferai l’effort de temps en temps de respecter le défi du jour et d’en faire-part.

Exit donc les défis 1 et 2, complement zappés car non vu, mais pourtant interressants. Peut-être y reviendrais-je à l’occasion.

Bienvenue dans ce nouveau voyage à la rencontre de moi-même et de vous aussi…

La Fille de L’Homme en Blanc…

Avez-vous déjà vu mourir votre père?

Je ne parle pas de concept psycho freudien de tuer le père à la façon d’œdipe, de fantasme inavoué, de cauchemar ou prémonition… loin de là, loin de moi (vade retro satanas 🤞😆)… Non.

Je parle de voir quelqu’un dont les poumons étaient désormais défaillants, qui manquait de souffle… inspirer et expirer, inspirer profondément puis expirer pour la dernière fois… en le regardant en face et lui dire Au-revoir. Vous, non? (Dites le nous en commentaire 👀), Moi Oui.

Cette scène s’est déroulé il y’a 19 mois. Peu avant cela, j’avais décidé de prendre un congé sabbatique d’un an (comme pour dire que je savais déjà que ce moment arrivait). Un congé d’écriture car je croyais qu’il ne s’agirait que de cela, de ne pas se livrer, de prendre du temps, se préserver pour vivre pleinement cette transition. Plus d’un an et demi après, 1 mois exactement après ce qui aurait du être le 60 tième anniversaire du 1er homme de ma vie, je sais désormais qu’il s’est agit de bien plus… D’un cheminement vers soi. Il m’a fallu plus d’un an pour recommencer mettre des mots décousus sur ces moments de vie (car la mort fait partie de la vie..CQFD). Et j’ai compris une fois de plus, parmi tant d’autres choses, qu’il y’a effectivement un temps pour tout mais personne ne peut en connaitre d’avance la durée. Mon deuil a commencé et au final n’a pas duré un an, surement ne finira t’il jamais dans le fond.

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Plus le sable de notre vie s’est échappé du sablier, plus nous devrions voir au travers.
Ces mots sont souvent attribués à Niccolò Machiavelli ou à Jean-Paul Sartre               (Grand écart de ça 🤣)

« Je souhaites être vêtu de blanc uniquement… ma tombe à l’endroit X, orientée Y », Mon Père!!! Il avait parlé à chacun de ses 2 enfants, à son tour et à sa façon. Personnellement je ne faisais qu’écouter, demander des précisions et ma seule réponse était: « OK Papa. Mais tu sais, On sait déjà. » Il avait bien fait son boulot mon petit papa au point qu’à quelques détails près il n’avait plus besoin de dire les choses. C’est une grâce de vivre et c’est une plus grande grâce de récolter ce que l’on sème patiemment… la récolte n’est pas toujours sonnante et trébuchante. Il y’a bien plus précieux. La Mort est l’ultime initiation pour ceux qui partent mais surtout pour ceux qui restent. Ce moment se prépare pour nous comme pour ceux que nous laisseront dès le jour de notre naissance et dès la leur. Le chemin est long, mais idéalement nous mène à ce moment ultime, inévitable, plus ou moins bien préparé.

Alors le moment venu tout fut fait, sans oublier d’y mettre notre grain de sel pour aromatiser tout ça… l’homme fut vêtu de blanc, le caisson de la même couleur surligné d’or, les bougies, les fleurs… etc. Et plus tard le Caveau. Le Blanc a été le fil conducteur. Notre source de lumière dans l’obscurité. Nous a rappelé à quel point la mort c’est aussi la vie. A permis de garder le soleil au zénith le jour ou nous mettions en terre l’un de nos deux guides. Le Blanc prenait la place refoulant la peine, la peur, les questions très souvent tapies dans l’ombre.

Je pourrais essayer tant bien que mal de dire ici tout ce que la vie et les actes de ce Monsieur ont apporté au monde en tant que corps incarné mais surtout en tant qu’Ame consciente de sa nature, mais on sera ici jusqu’à l’An 40 (2040 hein) que je n’y arriverais surement pas. Mais je commence à peine à percevoir la globalité de l’être qui m’a servi de père, à mesurer combien sa complexité que je croyais connaitre m’était encore bien mystérieuse. On connait très peu nos parents surtout africains en dehors de leurs rôles, les hommes et femmes derrière sont souvent hors de porté ou ne voient le jour à nos yeux que lors d’événements tragiquement ou symboliquement révélateurs. Puis vient le moment ou l’on doit accepter de marcher sur la terre ou repose notre père et subtilement quoi que l’on dise, peu importe notre cheminement jusqu’à ce jour là: On grandit.

Il ne s’agit plus, physiquement et plus encore spirituellement, d’être l’enfant DE; il s’agit d’ETRE. Peu importe son age ou son parcours, la pleine mesure d’être adulte nous frappe de plein fouet; patriarche aussi désormais d’une certaine façon (dans le sens symbolique que le continent mère donne à ce terme); responsable de notre destin sans parapluie ni béquilles ni personne qui mettra encore les genoux à terre pour nous (les orphelins des 2 parents comprennent); l’heure de mettre en oeuvre ce qui a été emmagasiné de savoir et d’apprentissages arrive; le moment critique de s’affranchir du poids du parent dans nos choix sans renier le bagage reçu (Tuer le père toujours plus). On ne se contente plus de vieillir, On mûrit.

On dit communément que l’on perd les gens. Ai-je perdu mon père? Je n’ai jamais eu cette sensation, ce ressenti. Peut être est ce l’éducation spirituelle qui nous a imprégné toute notre vie qui nous y emmène plus facilement. J’ai été peinée et le serais toute ma vie; j’ai peur et surement aurais-je peur toute ma vie désormais. Je n’ai plus son corps auquel m’accrocher, son bras pour me soutenir lorsque je me relève, ses mains qui conduisent la voiture à ma place parce-que je ne veux pas et me mènent ou je souhaite (de temps en temps hein..il n’est pas votre chauffeur, battez-vous ou apprenez à conduire madame! 🤣🤣), je n’ai plus sa bise sur le front lors des événements importants de ma vie, je n’ai plus sa voix qui m’explique tout ce que je veux comprendre des traditions-us-coutumes-mysticisme-histoire familiale passée et contemporaine. Mais non, je n’ai pas perdu mon père. Il continue sa vie, son chemin. Mieux, je n’ai pas perdu son amour pour moi.

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Je ne raconterai pas toutes les expériences vécues par chacun comme par lui durant ses 7 mois de maladie, ni ne ferai part des rêves des uns avant son départ, ni des conversations des autres avec lui à des milliers kilomètres le jour de sa mort alors que pour la première fois son corps avait cédé, ne raconterais pas les ‘miracles’ pendant ses obsèques et même après. Je dirais juste que chacun devrait avoir la grâce de voir célébrer sa vie plus que pleurer sa mort et il ne tient qu’à nous.

Parfait? noonnn non, il me fatiguait à m’envoyer en cuisine net quand je voulais fuir dans ma chambre… j’entends encore sa voix dans ma tete (« Ah mamyyyy, bidjeck bi tabéé?!!! Etre ‘la mère’ de son père quelle plaie 😜😜), il ne buvait pas d’alcool (une petite Guiness en 3 jours une fois l’an c’est un crime pour l’économie mondiale norh?🤦‍♀️ Ntap), ne fumait pas et tant mieux (tout ça la pour mourir parce-que les poumons lâchent et manquer de souffle, quand je vous dis que le type là était lui fort), aimait les foto depuis petit peut-être pour immortaliser mieux que sa mère partie trop tôt son passage (me voici qui comme mon aïeule homonyme, très belle brune de son état autant que je suis noire, n’aime pas les foto mais je me soigne), et j’en passe et des meilleures. Chaque jour qui passe je suis de plus en plus MOI et embrasse de mieux en mieux d’être la fille DE. Connaitre d’ou l’on vient est précieux; profitez pleinement de ceux qui sont encore debout et qui en savent un rayon, posez leurs les questions, découvrez vos familles, votre pays, votre histoire; viendra bien tôt le moment ou vous en serez dépositaire pour les générations à venir.

Chaque jour qui passe, je réalise pleinement l’importance des valeurs qu’il se peinait à nous inculquer. A partir de rien.. de rien du tout, on peut être grand… grand d’humanité, et n’emporter que ce que l’on a véritablement donné au monde, aux autres.

En 3 mots, il nous a appris que: La vie continue.

Sur les épaules d’un petit bout d’homme à l’esprit géant je me suis longtemps tenue, j’y ai pu voir la vie au-delà des limites de l’horizon, ce fut ma grâce. Il est temps de trouver soi-même le chemin qui y mène.

🎁 A l’Homme en Blanc qui nous regarde, Merci. Ta fille qui t’aime.

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On ne choisit pas sa famille…

Encore moins sa famille recomposée…

Les familles recomposées… Voilà un thème imposé où  je me suis dis: A l’heure où  le TBC me demande une approche plus personnelle (ce que je fais ailleurs et de manière parcimonieuse), ils choissisent un sujet dont je ne connais rien, c’est bien ma veine.

Ayant perdu il y’a quelques jours mon pillier  (mon père), son exemple de vie de couple marié-heureux de 33 ans nous est en tête; comme il nous revient qu’autour de nous les oncles/tantes n’ont pas forcément  le meme vécu: des celibataires endurci(e)s aux divorcés  épanouis  en passant par les malheureux mariés toujours en crises. Nous nous apercumes vite que le sujet nous renvoyait comme pour beaucoup au mariage et à  la perception que notre société en a, ‘La poule ne parlant pas des choses des dents’ il etait evident pour nous que nous n’avions rien à en dire. Mais au fond est ce vrai? Qu’est ce que la famille? N’en forme-je pas une avec mon petit prince? Et vue mon age, elle est appelée à  evoluer.

Alors la famille, la famille ‘composée’, classique: « Communauté  d’individus relié  par des liens de parenté » Claude Levi-Strauss, elle induit une obligation de solidarité morale et materielle entre ses membres censée aider à proteger ceux-ci et favoriser leur epanouissement physique, social et affectif.  Etant un element de la culture, elle varie donc selon les contextes dans sa conception du nombre, du niveau  de solidarité et meme du type de liens; Mais le paramètre épanouissement, l’élément bonheur est immuable. C’est donc de l’individu qu’il s’agit avant tout; L’individu dans sa connaissance de lui-meme, dans ses choix, sa conception de la vie, et sa capacité à s’affranchir ou non d’un carcan établi par des individus qui ne sont plus sans pour autant trahir les valeurs d’humanité… exercice de haute voltige s’il en est.

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Un aîné m’a dit il y’a deux jours que son divorce était dû au fait qu’ils vivaient (s’exprimaient) dans deux bulles différentes: pendant qu’elle etait vacances en europe, blingbling, meilleurs ecoles pour le plaisir de la comparaison; il aspirait à  autre chose, une elevation spirituelle, un ‘connais-toi toi-même’ qu’en face on n’etait ni en meme de comprendre ni meme d’entendre. Très  vite tout a été clair. Il etait de bon ton pour le jeune cadre presentant bien qu’il avait été (et etait toujours lol), formé à  l’excellence occidentale, de se marier… il le fit donc. Nous appellons la somme de nos erreurs: experience, il fit donc l’expérience du mariage avec quelqu’un qui ne lui correspondait pas. Vint le moment du choix avec les enfants au milieu, 15 ans plus tard dit-il, il le referait meme plus tôt, car on n’offre à  ces enfants que ce qu’on a : sa paix interieure, son epanouissement, sa force, l’image d’un couple vraiment en phase (malgré  les tumultes), le bonheur d’etre soi-même. « Si je savais avant ce que j’ai compris ensuite… j’aurais attendu. Attendu d’etre mur et clair avec mes vrais besoins, attendu la bonne. J’ai essayé de reussir mon divorce ». Mais ‘Si jeunesse savais…’ ce serait trop facil n’es ce pas? Chaque pierre dans un jardin contribue à  sa beauté.

Quand à moi, j’ai commencé à  batir ma famille, malgré  le carcan social qui attendait de moi autre chose, autrement. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Comme pendant la composition d’un tableau de Maître, j’associe les couleurs que le destin m’envois en priant pour la clairvoyance necessaire pour ne pas utiliser celles qui ne feront pas écho avec mon etre interieur. Cela necessite du courage et de la patience, de ne pas ceder à  la pression sociale… Mon feu père (traditionnaliste s’il en est) m’avait dit une chose surprenante avant de partir: « Ne te marie pas pour moi, ni pour ton fils, ni pour personne… marie-toi pour etre heureuse en etant toi-même, ton partenaire doit etre a ta hauteur. Il y’aura des difficultés y’en a toujours, mais ne te trahi pas pour un pseudo mariage. » Bon, j’ai donc mon quitus moral…lol.

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De facto, ma famille à  moi est atypique et le sera toujours. J’en arriverais probablement à  demander à  un tiers de devenir parent le jour où  il se mettra en couple avec moi. J’aurais peut-etre moi aussi à devenir maman de plusieurs du jour au lendemain qui sait (ne pas demander aux autres ce qu’on est pas pret à  donner). Rien ne sera facil si je souhaite me mettre en couple… faudra trouver l’équilibre: gérer  l’arrivée  du nouveau conjoint dans la famille (avec son vécu  antérieur, en esperant que les demons soient exorcises) et la relation entre les nouveaux et les Ex, trouver chaqu’un sa place de beau-parent, trouver comment se faire appeller sans heurter, trouver un compromis pour les divergences dans l’éducation (qui parfois implique d’autres adultes), organiser la maisonee et la nouvelle fratrie en donnant du temps, etre clairvoyant sur ses phobies (tabou de l’inceste et autres), acceuillir les nouveux bébé, gérer les conflits et etre un parent juste… et composer avec les belles-familles entremêlées. Liste non-exhaustive de gros challenges qui ne peuvent se relever que dans l’Amour vrai, la confiance entre les adultes et mieux encore le Dialogue. Le secret ultime commun à  toutes les recompositions reussies disent les temoins: Parler, beaucoup voire trop.

Les schemas traditionnels sont de plus en plus bousculés, mais cette mosaïque est source d’infinie richesses, encore faut-il de la maturité et un partenaire sûr. « Pour construire un esprit de famille recomposées, il faut avoir une vision commune et une implication des deux adultes (voire plus, dirais-je lol). Vous êtes des bâtisseurs ». O. Becker. Resilience et lâcher-prise  seront vos mots d’ordre. Les jeux relationnels sont complexes, mais l’enfant a juste besoin d’amour et de parents maturs qui ne se sentent pas en insécurité lorsque leurs enfants sont heureux en compagnie d’autres adultes et en meme temps assez en paix avec eux-meme pour ne pas supposer que tout le monde veut leur ‘voler’ l’affection de leurs poussins comme ils n’auraient  de telles velléités (n’es ce pas?). Votre enfant pour etre en paix a juste besoin de votre quitus pour aimer l’autre sans culpabiliser du poids d’une supposée trahison que vous lui faite porter. Beau-parent c’est tellement plus qu’un parent, parcequ’il a choisi d’aimer sans y être obligé. 

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Y’a pas pire trahison envers les autres que celle qu’on se fait à soi-même; se mentir sur qui on est vraiment c’est  ouvrir la boite de pandore. Il n’est pas de sacrifice facile et sans regrets ponctuels, mais l’honnêteté envers soi-même aidant il n’est pas de vains sacrifices dont les bienfaits perdurent au-delà de cette vie. N’ajoutons pas des plaies aux cicatrices, soyons heureux c’est le meilleur moyen pour qu’ils le soient.

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A mon petit Prince… ton bonheur sera toujours mon baromètre, je lui sacrifierais mon bien-etre et tout ce que je possederais… mais je ne lui sacrifierais jamais ma paix profonde.

 

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Article ecrit dans le cadre du TBC (liens à  suivre)

Thème imposé : « Les familles recomposées  »

 

 

 

La vie est belle…

Au nom de mon amour pour moi, je pars. Sans crier  gare, ni coup de trafalgar. Je n’essayerais pas de forcer un destin qui mien n’aurait pas à l’être. J’ai passé depuis longtemps la periode de doute sur ma valeur intrinsèque pour espérer encore, comme l’enfant que je ne suis plus, par un aveugle être vue ou par un sourd être entendue.

Avant  de partir, je ne te laisserais pas ces mots que tu n’as pas su meriter ou essayeras de meriter en un temps qui n’est pas le mien. Je n’en doute pas tu essayeras, ils essayent tous… même égoïstement, et tu ne t’es pas suffisamment démarqué de tes congénères pour qu’il en soit autrement.

Pendant que je me deferais de nos liens sommaire, je penserais au nous que tes mots m’ont fait imaginer et maudirais la gentilesse d’un esprit près à esperer le meilleur de l’humain. Je me rappellerais que les mots n’ont pas de valeur pour les autres comme ils en ont pour moi, que beaucoup ignorent l’effet des vibrations qu’ils émettent en vain.

Sur le chemin du detachement, j’aurais flashback et réminiscences d’une dimension qui n’existerait que si tu étais a la hauteur de l’image que tu te donnes de toi-meme. Je laisserais l’etre que tu aurais pu etre me tenir compagnie de temps en temps, le temps d’une larme.. le temps d’un sourire. Je te pardonne de n’être que toi et meme d’avoir voulu me faire croire que je meritais moins que ca. Je ne detromperais pas les autres, tes amis savent que tu peux etre génial; tu n’as juste pas été  à la hauteur de l’honnêteté que je porte en moi… je te dedouanerais ainsi de ta médiocrité que j’espère pour toi passagère.

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Arrivée à bon port je ne regarderais pas derrière… j’ai toujours été moi, vraie et sincère. J’apprendrais de la nature humaine comme d’habitude en ne la laissant pas me traverstir. J’apprends le ‘lâché prise’, le bonheur du present qui forge l’éternité. La liberté  d’être soi-même et d’attendre que l’univers attire l’Alter-ego qu’il me reserve lorsque lui et moi seront prêts. De mes vies passées j’ai appris qu’il y’a des blessures physiques que cachent les vetements et d’autres émotionnelles que cachent les sourires… j’offre mes sourires et mon silence à  un univers qui sait mieux que moi équilibrer les forces. Je m’aime en gardant pour l’humanité une infinie générosité.

Alors, je laisserais le vent venant de la mer et les embruns porter à toi les effluves de ma nouvelle fragrance signée Lancôme :  » La vie est belle »….